Noël n'aura pas lieu






Noël n’aura pas lieu. Enfin, peut-être. En fait, cela ne dépend que de vous. À chaque fin d’épisode, vous aurez la possibilité d’aider, ou non, le Pays de Noël.

Faites les bons choix et toute cette histoire ne sera qu’une amusante anecdote à raconter au coin du feu.

Retrouvez tous les jours, jusqu'au 24 décembre inclus, un nouvel épisode de cette histoire de Noël. #UnNeuroNoël


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10 déc. 2017



___« Dites-moi que je rêve...
___— Non, vous ne rêvez pas. Bienvenue au Pays de Noël, Hector. »
___Il y avait de quoi s’en pincer avec un décor aussi époustoubourrifant.
___Chaque maison, taillée dans le sapin, était toute de guirlandes lumineuses vêtue, soulignant ainsi chacune de ses courbes, de l’encadrement des fenêtres à la charpente. Les chemins, constamment balayés de la neige qui ne cessait jamais de tomber, étaient eux aussi bordés de lumières. Et au cas où vous n’y verriez toujours pas la nuit comme en plein jour, vous trouverez quelques lampadaires et autres arbres décorés clignotants, histoire d’être civilisés. Oui, je vous l’accorde, un panneau d’interdiction aux épileptiques ne serait pas de trop.
___Mais tout un pan du paysage cachait ses merveilles dans la nuit, de celle où aucune étoile de cet univers n’est invisible. Lorsque la lune débauchera pour laisser le soleil faire ses heures, les plaines de neige à perte de vue auront de quoi vous décrocher la mâchoire. Ici, ce n’est pas de la neige de pacotille. Tout d’abord, elle ne fond jamais, ce qui évite tous les désagréments de nuances de gris et de mollesse. Ensuite, elle est d’un blanc si pur que le blanc lui-même fait honte à son nom. Et elle étincelle comme du cristal, à croire que les flocons de neige sont taillés directement dans le diamant.
___Et encore plus loin à l’horizon, une fracture entre le ciel et la terre, avec une première hauteur faite d’immenses conifères groupés en plusieurs forêts, et une autre de montagnes enneigées, à vous coller à vous le vertige, et des complexes à l’Himalaya.
___Ces hauts sommets rappelèrent d’ailleurs à Hector celui qui lui avait poussé sur la tête en début de soirée et gagnait lentement, mais sûrement, en hauteur depuis.
___« Dites, pourrions-nous parler de cette bosse ?
___— Oh, ce n’est pas la première que je vous colle, n’en faites pas tout un gratin. (Il sentit un regard mi-choqué, mi-assassin braqué sur lui.) Oubliez ce que je viens de vous dire. Ne traînons pas, nous ne sommes pas là pour le tourisme. »
___Si le nisse ressentait actuellement un sentiment de honte, ce n’était pas par culpabilité pour le crâne d’Hector, mais pour son mauvais GPS interne. La maison de la mère Noël était effectivement difficile à manquer. Outre sa taille démesurée, se trouvaient derrière elle deux immenses bâtiments, à savoir l’usine des cadeaux et le centre du courrier ; ainsi que deux files de lutins à sa porte, celle des entrants aux bonnets enlevés et celle des sortants aux yeux humides.
___« Bien, nous avons été certes annoncés, mais plus nous serons discrets, mieux ce sera. Occupons-nous de vous.
___— Qu’est-ce que vous allez me faire encore ?
___— Tout de suite, je vous traumatise. Je ne vais pas pouvoir vous rétrécir, mais il va falloir revoir cette tenue.
___— Dites que je suis débraillé !
___— Osez me dire que vous rencontreriez la Reine dans cet accoutrement ! »
___Hector accorda la remarque à son nisse avec une moue.
___« On va vous mettre une jolie cravate et une belle veste, ça fera l’affaire. Pendant ce temps, faites quelque chose avec ces cheveux, on va croire que je vous ai branché au courant alors qu’il n’en est rien. »
___L’exécution de l’ordre se fit sans discussion, ce qui laissa à la petite créature domestique le champ libre pour raccommoder visuellement, et autant qu’il le pouvait, son humain. Heureusement pour eux qu’il ne manquait jamais de ressources.
___L’une des mains d’Hector hésita dans ses cheveux, comme si elle avait buté sur un nœud plus épais que la forêt vierge.
___« Quoi ? C’est encore votre bosse ? On mettra de la glace si elle vous fait vraiment si mal.
___— Non non, ce n’est pas ça. Je…
___— Cobblestone, crachez-moi donc votre pastille.
___— Vous ne m’avez pas dit votre nom.
___— C’est normal, je n’en ai pas.
___— Même pas un surnom ?
___— Margaret m’appelle bien Hector-nisse.
___— Hector-quoi ? (Plus étonné encore.) Margaret ?
___— Je vous la présenterai. Et sinon non, je n’ai pas de surnom. »
___Le nisse recula de quelques pas et marqua ce genre de silence qui annonce un lourd aveu.
___« Pour en avoir un, il faut que l’humain sur lequel je veille m’en donne un.
___— C’est à moi de vous baptiser ?
___— En quelque sorte. Mais vous n’y êtes absolument pas obligé. Il est de toute façon très rare pour un nisse d’avoir un nom.
___— Non non, je vais vous en donner un. (Il réfléchit.) Vous n’en avez aucun qui vous plaise ?
___— Ce n’est pas ce qui me plaît qui compte, mais l’amour que vous y mettez.
___— Oh, OK… Je vais prendre le temps pour y réfléchir alors. »
___Le nisse eut du mal à ne pas trahir sa joie dans un sourire.
___« Pas de problème, Hector. »
___Mais qu'est-ce qu'il était heureux.

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C'est peut-être un détail pour vous, mais pour Hector, ça veut dire beaucoup. De quelle grande série littéraire policière le futur nom du nisse aura-t-il comme référence ?
1. Sherlock Holmes
2. Hercule Poirot / Miss Marple
3. Autre, mais vous n'avez pas envie de vous mettre le nisse à dos

Pour voter, c'est toujours sur Strawpoll : https://strawpoll.com/r7c5cr9e


Partager cette histoire fait briller un peu plus les lumières du Pays de Noël.

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9 déc. 2017



___Vous connaissez ce dicton autour de la foudre ? Elle ne frappe jamais deux fois au même endroit. Ce qui, dans la réalité, n’est pas le cas, mais se trouve déjà plus vrai lorsque l’on parle de miracle. Nous en venons donc au fait suivant : si faire décoller cet engin en avait été un, et même si la période de l’année s’y prêtait, il était grand temps de s’inquiéter pour l’atterrissage.
___Les muscles du nisse semblaient s’être mis d’accord pour se contracter de concert alors que son visage continuait d’irradier de confiance et d’optimisme. Hercule et Hastings ou valsaient collés-serrés, ou avaient gobé chacun une partie d’un aimant et se retrouvaient dans cette position à la limite de l’absurde. Quant à Hector, être dans les vapes lui évitait d’entendre son nisse se demander tout haut s’il lui avait mis assez de vêtements de rechange dans son sac.
___Lorsque je vous avais parlé de l’entrée du Pays de Noël par les murs de sapins, je ne m’attendais pas à ce que l’on passe par-dessus lesdits sapins.
___Il se trouve qu’il existe ici aussi des pistes d’atterrissage, prévues pour les entraînements des rennes. Des lampions pour rendre la piste visible de nuit, des employés pour s’assurer que les rennes ne finissent pas la tête directement dans le hangar et une tour de contrôle, pour vérifier que les juniors restent bien dans les rangs.
___Mais vous savez quoi ? Ça ne fait rien, nous pourrons continuer la visite plus tard puisque nous partons sur une tout autre sorte d’atterrissage. Plus… expérimental.
___Ils fermèrent tous les yeux. Les rennes, les lutins, les oiseaux, même les lampions avaient trouvé le moyen de se faire pousser des globes oculaires juste pour les cacher. Et les étoiles s’éteignirent tout simplement le temps du catapultage.
___Nos protagonistes venaient de buter sur l’une des seules dunes neigeuses dures du Pays, pour culbuter tête première de leur luge volante et atterrir avec pertes de genoux et fracas de fenêtres dans le salon d'une grande maison.
___Hector ne faisait qu’un avec la carpette imprimée tartan, les bras tendus le plus loin possible pour cueillir l’ultime plongeon de ses poissons, dont les figures étaient bonnes, mais le final à revoir. Le nisse avait tourné boulé telle une boule de bowling pour réaliser un parfait strike dans les sablés à la cannelle tout juste sortis du four.
___Et un silence, plus que jamais de mort, régnait maintenant dans la pièce.

___« Vous allez immédiatement me dire qui vous êtes et ce qui vous prend de débarquer ainsi dans mon auberge ! »
___La créature qui venait de leur parler était une lutine, aussi large que haute, aux manches retroussées et l’air peu commode, définitivement la taulière de cette maison et prête à leur botter le cul assez fort pour les renvoyer au Pays de Galles sans passer par la case départ.
___Hector cherchait son nisse des yeux, tout en tenant contre lui son bocal de poissons. Une fois repéré, il le pointa du doigt et bredouilla :
___« C’est lui !
___— Cafard... »
___Le nisse épousseta sa tenue et prit une tout autre forme physique devant la lutine, lui ressemblant maintenant, en un poil plus galant.
___« Madame, je vous prie de m’excuser pour cette entrée fort peu discrète, ce n’est pas dans mes habitudes. Bonsoir, moi c’est… c’est compliqué. Je n’ai pas de nom, mais cela n’a pas d’importance. ___Je suis chargé du bonheur de l’humain vautré sur votre tapis, magnifique soit dit en passant, du nom d’Hector, et nous sommes ici pour vous aider. »
___Elle le regardait avec des billes de loto à la place des yeux, les poings fermés sur ses hanches.
___« Je vous demande pardon ?
___— Nous avons été mis au courant du petit… petit... « incident » que vous rencontrez en ce moment dans votre charmant Pays de Noël.
___— Si vous parlez de mon four, il refonctionne.
___— Non, je parle d’un incident plus contrarié sur les graisses saturées.
___— Oh... c'est arrivé jusqu'à vos oreilles ? Faut dire que, ce n'est pas très étonnant... C'est... tout bonnement affreux. Pauvre homme... (Elle regarda Hector un instant.) Sauf que lui n’a pas le droit d’être ici.
___— Oui je sais, mais tout est arrangé. J’ai une dérogation signée, je vous assure que tout est en règle. C’est juste un parfait malentendu. Vous allez rire, j’ai confondu votre maison avec celle de la mère Noël. Il faut dire que je ne suis pas venu ici depuis… pfiou !
___— Je vais croire que vous n'êtes jamais venu ici, oui, notre auberge est d'un terne à côté de la maison des Noël. Mais je vais vous l’appeler.
___— Merci ! »
___Elle quitta la pièce et, tout en moulinant des bras, leur hurla l'ordre :
___« En attendant, vous rangez tout ce que vous avez dérangé !
___— Oui m’dame ! »
___Le nisse attendit qu'elle fasse quelques pas pour demander de sa plus douce voix : 
___« Et sinon, maintenant qu'on est là, vous n’auriez pas une chambre de libre pour nous, à tout hasard ? »

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Un tout petit vote pour vous, une grande conséquence (tout de suite l'exagération) pour nos compagnons de route : vont-ils pouvoir dormir à l'auberge ?
1. Oui, je suis sûr-e que sous cette apparence froide se cache un cœur tout chocolat chaud
2. Non, qu'ils s'estiment déjà heureux de ne pas être cuits avec le reste des gâteaux

Pour voter, c'est par ici : https://strawpoll.com/ac6pgdb2


Partager cette histoire donne des yeux aux lampions.

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Edit du 10/12, 9h40 :

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6 déc. 2017




___Il y a quelques années, le nisse avait étudié la complexité du système digestif humain après qu’Hector se soit amusé à essayer de cuisiner plus que des nouilles instantanées. Mais à voir son humain figé dans du marbre invisible, il se demandait s’il n’avait pas oublié un chapitre concernant le cerveau.
___Cela faisait maintenant une bonne demi-heure que l’un gobait des mouches et l’autre prenait les constantes.
___« Bon, Hector, je sais qu’il va vous falloir encore un peu de temps pour encaisser tout ça, mais si vous pouviez le faire sur le trajet, ça m’arrangerait grandement.
___— Euh oui… enfin... non. Non.
___— Non ?
___— Non.
___— Comment ça, non ?
___— Non, je ne suivrai pas un… un…
___— Attention à ce que vous allez dire.
___— Suivre... quelqu’un comme vous... je ne sais pas où.
___— Je vous l’ai dit : Pays de Noël. C’est comme le Pôle Nord ou la Laponie, mais en mieux. Vous allez voir, c’est adorable en cette période de l’année.
___— Je vous crois, mais c’est toujours non.
___— Non ? Bon. Bien, bien, bien. Très bien. »
    
___N’étant pas dans une superproduction cinématographique, je vais vous demander de faire l’effort d’entendre une musique digne des meilleurs westerns derrière ces mots. Voyez comment nos deux protagonistes maintiennent leur regard sans trembler. Des gouttes de sueur commencent même à perler sur leur front, peut-être dû à cette tension dans l’air ou juste au chauffage qui s’emballe. Qui craquera en premier ? Est-ce un doute trahi par un clin d’œil ou juste un cil désireux d’être aux premières loges ? Quelle paire de lèvres tremblera en premier avant de lâcher son ultime bafouille ?

___« Vous savez Hector, je suis le premier à rappeler les bases d’une bonne relation. La confiance, le consentement, tout ça. Mais parfois, vous ne me facilitez pas la tâche et, surtout pour votre bien, je dois par conséquent avoir recours à des méthodes quelque peu… disons discutables. »
___Le visage d’Hector s’étirait soit par la surprise d’être menacé, soit par la peur de ce qui allait lui arriver après cet affront.
___« Comme voir si votre tête est vraiment aussi dure que du bois. »
___Était-ce un boum ou un boing ? Si l’onomatopée restait incertaine, la poêle abandonnée dans la cuisine qui venait d’assommer proprement Hector l’était beaucoup moins.
___« Bien, lui c’est fait, passons aux poissons. »
___Hercule et Hastings firent autant de bulles qu’une première ouverture de bouteille d’eau gazeuse et se planquèrent aussi bien que la ruine qui leur servait de décoration le permettait.
___« Rassurez-vous, vous venez avec nous conscients. »
___Le nisse paqueta valise et bocal en un claquement de doigts, et tout ce beau monde sortit de l’appartement.
___« Bien, où est-ce que j’ai garé notre carrosse ? »
___Cela n’avait rien de ressemblant à une citrouille magique ou une voiture tirée par des chevaux, ça tenait plus à une vieille luge faite d’un couvercle de poubelle.
___Ne me demandez pas comment cet engin est capable de transporter quelqu’un sans le tuer, j’imagine que tout est dans cette histoire de magie et que nous avons juste à boucler notre ceinture inexistante. Et peut-être prier pour que notre nisse recouvre rapidement la raison.
    
___Mesdames, messieurs, animaux de compagnie et autres créatures magiques, bienvenue à bord du vol Lugeotomatix à destination du Pays de Noël. La durée de notre voyage est estimée à une nuit de six heures, le trafic aérien étant une vraie plaie en cette période de l’année. Température extérieure estimée au port minimal de trois pulls. Merci de bien vouloir poser vos ratatouilles en dehors du couvercle. En vous souhaitant un agréable voyage, même si vous n’en verrez rien. 
___Eh oui, vous n’aviez qu’à accepter de venir.

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Pas de vote aujourd'hui. Vous avez assez influencé l'histoire comme ça.


Chaque partage de cette histoire est une ratatouille de moins en dehors du couvercle.
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5 déc. 2017



___Un nisse n’a pas pour habitude de mettre le traîneau avant les rennes, jamais. Dans ce cas précis, il n’y avait pas de place au doute, pas même à une lettre : si la vie du père Noël avait demandé le divorce de son corps, elle ne l’avait clairement pas fait seule.
___Ils pouvaient toujours maintenir un minimum d'illusion de vie en conservant le corps du vieux dans un état impeccable jusqu’à Noël, mais elle s'arrêterait là. Étant donné que la mort n’est une chose naturelle que sur Terre, il leur fallait absolument quelqu’un qui maîtrise un minimum l’art du décès.
___Sauf que convaincre le Pays de Noël d’accepter un être humain en leurs terres n’est pas chose aisée. Pour vous faire une idée de la rudesse de la tâche, sur une échelle de 1 à 10, 1 étant « gérer une bombe » et 10 « désamorcer Hector » – à moins que ce soit l’inverse ? – on se trouve ici à « Hector jonglant avec trois bombes ».
___Heureusement pour notre nisse, il avait proportionnellement autant de chance que son humain de malchance, et donc réussit ce tour de force en seulement quelques anecdotes, que l’on vous racontera plus tard si vous êtes sages.
___Tout le problème résidait maintenant dans le voyage. Si d’un point de vue physique, il y avait moyen que tout se passe convenablement – votre espèce survivant régulièrement aux balades dans l’espace – c’était plus d’un point de vue moral que ça allait coincer. Comment convaincre un humain d’écouter une créature magique sans qu’il disjoncte ?
___Je vois que nous sommes tous d’accord.
___L’alcool.

___Il existe ici au Pays de Galles une vieille tradition nommée Mari Lwyd. Le principe est assez simple, vous allez voir. Il vous faut un crâne de cheval, un bâton sur lequel le mettre, puis décorer le tout d’un drap blanc et de rubans, comme si c’était une jeune mariée ou un coquet fantôme. Ensuite, vous allez toquer à toutes les portes de votre quartier pour réclamer un coup de schnaps. Fut un temps où on y allait à celui qui mettait le plus grand bordel sonore, mais par ceux qui courent, on réduisait les décibels pour ne pas finir la nuit au poste, où il y aurait encore moins de chance de finir ivre.
___Le nisse n’avait plus qu’à bricoler ça avec les moyens du bord. Un peu de découpage par ici, un peu de collage par là, un soupçon de magie et trois fois rien d’optimisme, il se retrouvait maintenant maître d’un charmant dada en carton de boîte de céréales.
___Pour que la blague tienne la route, le nisse n’avait plus qu’à se faire passer pour un enfant égaré d’un cortège de carnavals.
___Le soir venu et l’humain détendu, il révisa une dernière fois son plan d’action. Non pas qu’il en avait réellement besoin, mais depuis qu’il se faisait l’intégrale d’une série où l’un des héros aime que son plan se déroule sans accrocs, il se sentait obligé de le faire lui aussi.
___Premièrement : sortir discrètement avec tout son barda sur le dos et se cacher quelques minutes plus loin dans la rue. Tout allait bien jusqu’à ce qu’un chat du quartier prenne l’un des rubans du Mari Lwyd comme la queue fantaisiste d’une souris. Un miaulement sauvage et un bruit de poubelles plus tard, le nisse passait à la phase 2.
___Deuxièmement : faire comme si de rien était et frapper à plusieurs portes avant la sienne. Pour être sûr que cette comédie ne dure pas mille ans, il prit une apparence qu’il m’est difficile de vous décrire afin que les habitants n’osent pas le faire entrer. C’était oublier la gentillesse sans limites du couple sénile à deux portes de celle d’Hector, bien décidé à le gaver de langues de chat. Les biscuits, pas celles de vrais chats. On a dit sénile, pas psychopathe.
___Troisième et dernière étape : la porte de monsieur Hector Cobblestone.
___Il ressemblait maintenant à un adorable petit enfant à qui l'on ne refuse rien et il sonna. Plusieurs fois. Sans réponse.
___Premier réflexe : s’inquiéter, bien sûr. Il était parti depuis au grand maximum un quart d’heure et l’immeuble était toujours intact, rien de grave n’avait pu lui arriver, respire petit nisse. À moins que son humain eût trouvé la mauvaise nouvelle reçue au courrier ce matin pendant ce tout petit laps de temps, dans ces cas-là, il lui faudrait échafauder un plan B en un éclair.
___Avant même de savoir combien pouvait faire le mot eurêka sur un mot compte triple, Hector, le pas nonchalant, avait fini par daigner ouvrir. Le nisse n’eut pas besoin de s’imaginer la douleur des doigts coincés dans une porte pour avoir les larmes aux yeux : son humain était vivant, mais par-dessus tout, il était entier.
___« Oh ben petit, personne n’a voulu t’ouvrir ? »
___Il était tellement heureux qu’il en avait oublié son rôle. 
___« Ah euh… Oui… Personne... »
___Il savait son Hector gentil comme tout, mais quitte à jouer la comédie, il exagéra encore un peu sa chouinerie en pensant à un marteau rencontrant un doigt plutôt qu’un clou.
___« Allez, sèche-moi ces larmes et entre, je vais nous faire un chocolat chaud. »

___Si vous pensiez qu’Hector raterait une occasion de mettre un ingrédient supplémentaire dans son chocolat chaud, c’est que vous n’avez toujours pas cerné le bonhomme.
___Commencez par faire un bon chocolat chaud. Dans une casserole, faites chauffer du lait avec de la crème et une petite pointe de vanille. Ajoutez-y du chocolat, noir de préférence, de quelques morceaux à la moitié de la tablette.
___Maintenant, selon l’âge et le gabarit du consommateur, versez une bonne dose de whisky ou son dérivé en crème.
___Touillez, servez dans un bol, dégustez ça sous votre couette devant la télévision.

___Ils discutèrent beaucoup, de tout et de rien, puis quand une ouverture se dessina, le nisse s’y engouffra.
___« Hector, promettez-moi de ne pas paniquer. »
___Il paniqua, bien entendu.
___Le nisse lui fit le topo. Pays de Noël, père Noël, crime, enquête, créatures magiques, nisse, voyage. Il n’avait rien oublié.
___« Hector, acceptez-vous de venir ? »
___Soit son humain essayait de lui répondre en morse en battant des paupières, soit les fils de son cerveau ne se touchaient plus.

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À vous de voter. Si tant est qu’Hector ait entendu la question, accepte-t-il de suivre son nisse ?
1. Oui. Trois longs, deux courts un long, deux courts.
2. Faute d’un oui, c’est un non, règle de base et unique règle du consentement.

Le vote se fait ici : https://strawpoll.com/cz5ykaxf


Partager cette histoire vaut une récompense en chocolat chaud.

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Edit du 06/12, avant midi :
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4 déc. 2017



___Quelle nuit affreusement longue que fut celle-ci. Même si la notion du temps était un concept qui ne parlait qu’aux humains, ces heures interminables d’attente avec des chants de Noël avaient eu raison de la patience du nisse. Au prochain sapin qui serait déclaré roi de la forêt, il en cramerait un de rage, pour le principe.

___« Assez ! », hurla-t-il intérieurement. Abuser de ses privilèges n’était pas dans ses habitudes, mais s’il n’arrivait pas à les joindre par cette voie, il le ferait par l’autre.
___Lorsqu’un enfant écrit au père Noël, sa lettre est généralement gérée par votre service des postes. Une enveloppe, un timbre, des dizaines ou des centaines de petites mains, un certain risque à ce qu’elle n’arrive pas à destination, mais qui fait ses preuves au quotidien. Toutefois, il existe un autre moyen, moins connu, à cause de vos allergies aux « trucs mystiques » comme vous le dites.
___Les rouges-gorges, que vous considérez comme de mignons petits oiseaux de jardin, sont de véritables pioupious de compétition. Ils repèrent les vœux à des kilomètres, pour peu que celui qui les formule y ait mis un peu de foi. Plus vous y croyez, plus vite ils arrivent.
___Et la foi, notre nisse n’en manquait pas.
___Trois secondes suffirent pour voir dans le ciel un petit oiseau au majestueux col orangé. C’est à l’atterrissage avec une grâce sans pareille qu’il reconnut Margaret, le rouge-gorge du quartier.
___« Hector-nisse ! Ça par exemple !
___ Que c’est bon de te revoir, Maggie.
___— Moi aussi, moi aussi... »
___Avez-vous déjà vu un oiseau triste ? Moi non plus. Sous vos yeux ébahis, en voici un beau spécimen.
___« Ça n’a pas l’air d’aller, que t’arrive-t-il ?
___ Oh la la, c’est la panique là-haut. Nick...
___ Quoi, il n’y a plus assez d’enfants pour croire en lui ?
___ Non... Pire... »
___À en croire l’état dans lequel elle venait de se mettre, et aussi surprenant que cela puisse paraître, cet oiseau était aussi capable d’éclater en sanglots.
___« Allons allons, il ne peut pas y avoir pire pour Noël que de ne plus y croire.
___ …
___ À moins que…
___— ...
___— Attends, tu n’es pas en train de me dire…
___— Qu’il a chanté son dernier « Ho ! Ho ! Ho ! », si.
___— Il est immortel, ça n’a aucun sens !
___— Je sais bien, mais apparemment, quelqu’un a trouvé comment… »
___V’là-t’y-pas qu’elle reniflait bruyamment maintenant. Hector-nisse, comme elle aimait l’appeler, la réconfortait du mieux qu’il le pouvait.
___« Qui a bien pu faire ça ?
___— C’est bien ce qui les préoccupe. Tout le monde est sur le pont, mais tu sais Hector-nisse, on n’a pas l’habitude de ce genre de choses.
___— Je sais Margaret, je sais. Est-ce qu’on peut vous aider en quoi que ce soit ?
___— ... Tu saurais le ressusciter ?
___— Malheureusement, non, je n’ai pas ce pouvoir. Je pensais plutôt à trouver le responsable.
___— Je ne sais pas, j’imagine que toute aide est bonne à prendre. Qu’as-tu en tête ? »

___Au jeu des imitations, Hector méritait un dix sur dix à celui de l’ours sorti trop tôt de son hibernation. Après avoir claqué la bise à deux trois meubles avec ses genoux, il adressa un adorable bonjour à Hercule et Hastings, ses poissons rouges, puis sortit de l’appartement, sans même avoir remarqué ce qui se tramait dans la cuisine.
___« Maggie, je crois que j’ai l’homme qu’il vous faut. »

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C'est à vous de jouer. Le Pays de Noël acceptera-t-il l’aide d’Hector et de son nisse pour résoudre leur mystère ?
1. Ce ne sera pas un cadeau, mais ils ont besoin d’une aide extérieure
2. Ils n’ont vraiment pas besoin de se coltiner un tel boulet en plus

Pour voter, c'est ici : https://strawpoll.com/h3wh2bwz


Partager cette histoire sèche les larmes des pioupious.

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Edit du 05/12, 14h30 :
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