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Le pourquoi du comment - Réflexion sur le blocage/doute d'écriture

14 mars 2017

Depuis quelques temps, je me retrouve à tweeter mes pensées en direct. Sauf qu’il y a deux problèmes à ça : le premier, c’est que celleux qui me suivent en ont peut-être rien à carrer de mes réflexions philosophiques ou états d’âme (je leur répondrais d’arrêter de se faire du mal et de me muter) ; le second, c’est que ce format « fil à base de messages en 140 caractères », ça devient très vite pénible à lire.
Je me dis alors : « tiens, et si je faisais plutôt un article sur mon blog ? » Étant donné que sa première fonction est d’être mon journal d’auteur, faudrait vraiment pas être doué* pour ne pas écrire proprement les choses ici plutôt que dans le brouhaha de Twitter.
(* Est-ce un aveu ? Tout à fait.)

Contexte
C’était un soir tout à fait banal où quand il a fallu me mettre à écrire, j’ai été pris de doute. S'il y a bien un domaine où je suis grand maître en la matière, c’est bien dans l’art de me coller des blocages d’écriture.
Problème de qualité, de quantité, de choix, d’inspiration, etc. Ne cherchez pas, toutes les questions (débiles) que l’on peut se poser en cours d’écriture, je me les pose depuis très longtemps, si longtemps et si souvent que c’est devenu limite un rituel de travail.
Sauf que, le doute est un vrai problème, surtout quand il s'agit d'une peur. Je ne doute pas de mes choix, j’ai peur d’échouer lamentablement. Ce n’est pas me demander ce qui serait le mieux pour mon histoire, c’est ne rien faire parce que rien ne me paraît être bon/meilleur. Avant même de savoir si c'est possible, je considère être beaucoup trop nul pour que ce soit sauvable.
Donc, quand ça m’arrive, il n’y a pas mille solutions. Soit j’y vais à la manière douce et je me tends une carotte, ou alors à la manière violente et je me botte le cul ; parce qu’à un moment donné, faut arrêter de déconner, y a aucun raison d’avoir peur (je ne suis ni dans le vide, ni face à une araignée). Soit je relis des auteurs qui me rappellent pourquoi j’écris, qui sont Elizabeth Gilbert, Gaston Bachelard et Amanda (Fucking) Palmer.
Aujourd’hui, on va se concentrer sur un livre de la première citée.

Quel est le problème ?
La plupart de mes blocages viennent donc de comment je perçois mon écriture, et non pas comme elle est réellement. Quand il m’en arrive un, la première chose que je fais, c’est réfléchir à comment le contourner, le résoudre, etc. Comment.
En fait, si je devais résumer la question que je me pose, c’est « comment écrire ». La question peut paraître sotte, mais elle me prend la tête presque tous les jours.
Ce soir-là, donc, j’avais pris Big Magic d’Elizabeth Gilbert (Comme par magie, en français). Dans ce livre, elle raconte plus en détails ce qu’elle avait déjà expliqué dans ce TedTalk, disponible en VOSTFR.


Je vous le conseille fortement car elle y explique toute la problématique de la créativité, l’inspiration, la qualité, etc. Toute cette pression que l’on se met pour créer quelque chose, quand ce dit quelque chose n’est finalement pas totalement de notre ressort. Elle rappelle ce que l’on sait tou-te-s déjà, mais que nous avons tendance à vite oublier dans ce monde où la performance est le maître-mot : arrêtez de vous mettre la pression, cela ne résout pas le problème.

Revenons à Big Magic. Les premières pages commencent par l’histoire de Jack Gilbert. Ils ont le même nom tous les deux, mais ne sont pas liés par le sang. Ils ont pourtant masse de choses en commun. Le genre de hasard qui nous questionne - ou nous confirme - sur l’existence du destin ou de la bonne étoile.
Il y avait cette citation, que je vais traduire grosso merdo parce je le lis en anglais et donc n’ai pas la traduction exacte sous les yeux :

Il ne leur apprenait pas tant comment écrire (de la poésie), mais pourquoi le faire.
Et c’est probablement le meilleur conseil que l’on puisse vous donner en écriture et dans votre vie en général.

Comment bien écrire, comment faire les bons choix narratifs, etc., ce sont des questions légitimes et importantes, mais vous connaissez déjà la réponse. Elle se nomme « travail ». Ce travail, vous ne le faites/ferez pas seul-e. Il y a pour ça des re-lecteur-ice-s, des correcteur-ice-s, des éditeur-ice-s, etc. Le travail de qualité vient après et il prend du temps.
Maintenant, il y a une question où il n’y a que vous, tout-e seul-e, pour donner la réponse, c’est celle du pourquoi. Pourquoi et pour quoi écrire, écrire en général, écrire cette histoire, faire ce choix narratif, choisir ce style et pas un autre, etc.
Quand vous doutez ou bloquez sur votre écriture, votre première question ne devrait jamais être comment, mais pourquoi.  

Avant de chercher une solution, il faut déjà en connaître le problème.

Quelle est la réponse/solution ?
Pourquoi écrire ? Pour quoi dois-je le faire ? Est-ce que ce choix apporte quelque chose à mon histoire/écriture ? Est-ce que cela m’apporte quelque chose ?
Répondez à ces questions le plus égoïstement possible, parce qu’au cours de l’écriture ou de la réflexion d’écriture, vous êtes (désespérément parfois) seul-e.
Si la réponse est positive, vous devriez très facilement trouver le comment. Vous saurez qui et quoi chercher pour résoudre votre problème. Et si cette réponse ne mérite pas de comment parce qu'elle est un simple « parce que c’est ainsi », alors écrivez. Posez-vous les questions de qualité plus tard.
Si malheureusement, la réponse est négative, alors il n’y a pas de comment. Arrêtez.

Note à propos de l’argent : oui, l’argent est une réponse positive si celui-ci doit subvenir à vos besoins, c’est évident. Le travail de commande peut être chiant à faire, mais s’il permet de vous nourrir, vous habiller et vivre au chaud, revenez à la première solution, à savoir vous botter le cul ou vous tendre une carotte pour avancer.
Si c’est une question de devenir riche et célèbre, j’ai bien peur que vous vous soyez planté de métier.

Le comment du pourquoi, et non le pourquoi du comment.
Donc, tout ça pour dire : lorsque vous avez un doute sur quelque chose, avant d’en chercher la solution avec la question du comment, commencez par chercher le problème en vous demandant pourquoi. Une fois le problème trouvé, cherchez le comment.
Il se pourrait même que ce problème n’en soit pas réellement un, puisque vous en connaissez déjà la réponse et qu’il n’a besoin d’aucune solution. Continuer ou arrêter.

Et cette question, comme je le disais, est valable pour (à peu près) tout dans la vie.

J’avais remercié sur Twitter Martin Winckler et David Meulemans, qui pendant la saison 5 du MOOC « écrire une œuvre de fiction » ont commencé par rappeler cette règle élémentaire : pour savoir comment écrire, il faut savoir pourquoi on le fait.

Pourquoi est-ce que j’écris « La Quête » alors ?
Parce que cette histoire répond à tout un tas de questions que je me pose, que mes proches se posent. J’ai besoin de ces réponses. J’ai besoin de les chercher et de les écrire lorsque je les trouve. Ou pas d'ailleurs.
Et comme il n’y a pas de comment à cette question, je dois juste écrire.

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