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Inktober – Pourquoi y participer ?

14 sept. 2017

L’Inktober est un mois créatif qui se déroule au moins d’octobre. Il est question, durant les 31 jours du mois, de dessiner à un rythme régulier et d’encrer ses dessins à l’encre (bien joué Sherlock), quelle qu’elle soit.
L’initiative a été lancée par Jake Parker il y a quelques années et est aujourd’hui un rendez-vous attendu aux quatre coins du monde. Beaucoup de participant-e-s, chacun-e-s avec leur-s technique-s, leur-s thème-s, leur-s handicaps.
Maintenant, comme pour tout challenge artistique, sportif, ou autre, on peut se poser la question de la légitimité d’y participer. Et aujourd’hui, je vais vous dire pourquoi vous devriez jouer le jeu avec nous.

Si vous aimez dessiner, venez. Même griffonner, venez. À partir du moment où c’est un plaisir d’avoir un crayon ou un stylet dans la main, ou ailleurs (n’ayez pas l’esprit mal placé, j’en parle après), et de faire avec toute sorte de dessin ou de forme, venez.
Chaque année, on peut voir tout un tas de chefs-d’œuvre et je comprends que ça refroidisse d’y participer. Moi-même, ça m’a freiné dans le passé et ça continue de me coller le trac. Pourtant, j’y vais.
L’année dernière, j’avais raté mon essai d’Inktober autour des formules grossières, pour raison d’angoisses. Cette année, j’ai décidé de briser les genoux de ma peur et de reprendre le dessin. Réapprendre*.
Parce que c’est aussi ça le Inktober. Vous allez réapprendre certaines choses avec l’« obligation » de régularité. Vous n’avez pas le temps tout le reste de l’année de vous adonner à votre passe-temps ? C’est le moment. Comme pour le NaNoWriMo, comme pour les autres marathons créatifs et autres, c’est le moment. Et si vous cherchez de la motivation, avec le groupe que forment les participant-e-s, croyez bien que vous en aurez. Alors venez.
Quel que soit votre style de dessin, même du zentangle, venez. Il y a une liste « officielle » si vous souhaitez suivre les thèmes de la plupart des participant-e-s. Moi j’y vais avec ma propre liste, rebelle un jour, rebelle toujours. Du moment que vous dessinez quelque chose et que vous « l’encrez », venez.


*Autant vous dire que ça va piquer, mais pas folle la guêpe, j’ai commencé à m’entraîner, histoire de ne pas arriver avec des têtes à Toto.


Qu’est-ce qu’encrer ?

C’est là toute la raison de cet article.
Chaque année revient l’éternel débat du dessin dit traditionnel (papier-crayon) versus le dessin dit digital (tablette). Qu’importe l’événement et l’art débattus, vous aurez toujours plusieurs camps pour se mettre sur le nez. L’initiateur de l’Inktober semble être (malheureusement ?) membre de l’équipe dessin traditionnel.
Ceci est une traduction à la louche du tweet-réponse à la question « puis-je faire du dessin digital pour l’inktober ? »
« L’esprit du Inktober est de s’améliorer et il n’y a pas de meilleure méthode que de le faire sans filet. Travailler en digital sous-entend souvent la possibilité d’utiliser la touche « annuler » pour refaire votre trait correctement, qui peut entraîner de mauvaises habitudes de dessin. Il n’y a rien de comparable à tracer une ligne de façon permanente et difficilement modifiable sans conséquence. C’est comme ça, je pense, que l’on apprend et devient meilleur, car chaque ligne dessinée vous demande de la réfléchir avant de la faire. Personne ne vous empêchera de participer à l’Inktober avec votre tablette, mais vous allez rater tout l’enjeu de l’événement. »

Et ceci est ce que j’appelle, pardonnez-moi le terme que je vais employer, un discours de « vieux con ». C’est élitiste. C'est validiste.

  • Première chose : la touche annuler et la « mauvaise habitude » d’effacer

En dessin digital, et en informatique en général, vous pouvez ne pas utiliser la touche annuler.
Je vais prendre comme exemple le NaNoWriMo, il parlera à tout le monde. Imaginez qu’au NaNo, on vous dise qu’il est préférable d’utiliser du papier et du crayon car cela vous apprendra à ne plus effacer et/ou annuler ce que vous venez d’écrire ? Un peu simple comme raisonnement, hein ?
L’un des conseils que je donne, et que l’on m’a donné avant, au NaNo est le suivant : apprenez à utiliser le raccourci clavier qui raye les mots sélectionnés. Apprenez à avoir un fichier brouillon et pourquoi pas un fichier rejet. Gardez tout ce que vous écrivez, même si ce n’est pas bon. Oui, c’est avec les erreurs que l’on apprend, c’est aussi en réfléchissant avant de faire. Il n’y a pas vraiment de méthode qui soit bonne pour tout le monde. La seule méthode bonne pour tout le monde est de faire.
Effacer un dessin peut aussi avoir de bons effets sur la personne qui dessine. Vous vous autorisez plus facilement à rater. À gommer plutôt que froisser ou déchirer votre feuille. À persévérer plutôt que jeter à la poubelle. Peut-être ne connaissez-vous pas ce stress, mais il existe pour certain-e-s de vraies angoisses quant à l'idée d'échec. Vous ne pouvez pas venir avec vos petites phrases pour les faire rentrer dans votre moule. Laissez-leur la possibilité de faire les choix qui les mettent plus à l'aise.
Si vous dessinez à la tablette, et que ce n’est pas déjà votre cas : votre trait de brouillon dans une couleur spécifique. L’outil gomme plutôt que la touche annuler. « Encrez » votre dessin final en noir, avec l’outil de votre choix. Bref, comme sur papier, mais sans le papier et les pelures de gomme.

  • Deuxième chose : apprendre à dessiner

Il n’y a pas de bonne méthode pour apprendre à dessiner qui soit bonne pour tout le monde, à part comme dit plus tôt, celle de dessiner. Nous sommes peut-être la dernière génération à avoir connu le papier comme medium principal, c’est normal que nous y soyons attaché-e-s. Sauf que voilà, la réalité est que nous sommes équipé-e-s de nouvelles technologies et une majorité d’entre nous seront plus facilement sur ces supports que sur du papier.
Comme pour le NaNo : le fait que l’on ait appris à écrire sur papier ne nous rend pas meilleur-e-s que celleux sur ordinateur. On apprend la grammaire différemment. Nous n’avons pas les mêmes avantages et inconvénients, mais une méthode n’est toujours pas meilleure qu’une autre. Du moment que vous écrivez, c’est du tout bon. Ici, pareil : du moment que vous dessinez, il n’y a pas de problème.
J’ai déjà tenu ce discours de vieux con. « On apprend mieux en se voyant écrire les mots », « Je réfléchis avant d’écrire », « il n’y a rien de mieux que le papier », etc. Ceci n’est pas une vérité absolue, c’est ce qui fonctionne chez moi. J’ai tout bonnement appris à adapter la méthode selon le support. Et j’essaye de ne plus tenir ce genre de discours parce qu’être vieux con à 26 ans, ça me met un peu mal.
Le traditionnel pour nous est peut-être le papier, il ne l’est plus vraiment pour la nouvelle génération. Les traditions changent avec le temps. Cela vaut pour tout. Les journaux papiers sont remplacés par des sites internets. Le livre papier peut être numérique. Un film n’est plus sur bobine. L’animation n’est plus faite avec mille calques. Vous aimez ces « anciens » supports ? Cool. Faites. Mais votre amour pour cette méthode n’en fait pas une méthode bonne pour tou-te-s.

  • Troisième et dernière chose, et la plus importante à mes yeux : l’accessibilité

Comme il a été mentionné dans plusieurs tweets en réponses, l’art digital permet à nombre de personnes en situation de handicaps de participer. Par handicap, on peut entendre tout un tas de choses : d’un bras en moins, des soucis de tendinites, une maladie, des problèmes de vue, etc.
Sans parler de toutes les personnes plus à l’aise sur un medium qu’un autre. Il n’est pas simple pour tout le monde de pouvoir tenir un crayon dans une main, ou autrement quand on n’en a pas, et de dessiner proprement sur papier.
Je me doute bien que Jake Parker ne pensait pas à mal en parlant de dessin « traditionnel », mais je ne peux plus entendre la mention « exception faite à » pour défendre ce genre de discours. Il n’est pas tolérable de mettre à part des participant-e-s parce qu’elles n’entrent pas dans « nos » critères de validité. L’élitisme est aussi dans le validisme. Vous faites un événement accessible à tou-te-s sans mille règles d’exceptions ou vous ne faites pas.
L’Inktober est simple : vous faites un dessin et vous l’encrez, et vous faites ça à un rythme régulier durant le mois. L’encre peut être digitale et le papier un fichier JPG, bienvenue au 21è siècle. Ça peut même être un mur ou une toile. Du moment que vous dessinez et que vous encrez, vous respectez les règles principales de l’Inktober. Accessible à tou-te-s. Fou, n’est-ce pas ?

Une méthode vous va mieux qu’une autre ? Faites. Mais n’en faites pas une règle générale, pas un « c’est mieux pour vous ». C’est bien pour vous personnellement, pas pour tout le monde.
Maintenant, le marathon appartient à tou-te-s ces participant-e-s. Venez comme vous êtes, collez-vous les contraintes que vous souhaitez, relevez vos défis personnels. Mais venez. Ne laissez personne vous empêcher de venir. Et si vous ne souhaitez pas respecter les règles, c’est votre problème. On ne vous enverra pas la police à votre porte.

Moi j’y vais au crayon et à l’aquarelle. J’y vais avec ma peur au ventre et la possibilité de ne pas arriver à la ligne d’arrivée. J’y vais avec mes « triches » parce que j’ai une connexion vue-cerveau un peu pétée. J’y vais avec mon thème. Mais j’y vais.

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