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Pourquoi je ne suis pas le (bon) candidat pour le NaNoWriMo

2 nov. 2017

Le titre est certes long, mais il a le mérite d’être honnête. 
C’est quelque chose qui est de plus en plus important à mes yeux : être honnête, même quand ça fait mal de le reconnaître. J’aurais aimé plus d’honnêteté sur la réalité des choses de la part de mes créateur-ice-s préféré-e-s. Ça m’aurait évité des espoirs nourris bêtement, de me préparer mentalement (et physiquement) à certaines épreuves. À tout simplement savoir dans quoi je me lançais.

Dans le premier NaNoParenthèse que j’ai fait (celui du Jour 1, disponible ici), j’ai parlé de mes échecs du NaNo. J’ai fait le point durant l’année et j’ai pu expliquer en quoi il m’était impossible de réussir le NaNo, quand bien même je me préparais du mieux que je le pouvais.

Il me semble l’avoir déjà dit dans certains articles traitant du NaNo, ce marathon n’est pas là pour juger votre qualité d’écriture, il n’est là que pour vous encourager à écrire. Écrivez tous les mots qui vous viennent en tête, comptez même ceux que vous n’allez pas garder. Le NaNo est un premier jet. J’ai beau l’avoir dit, j’ai beau l’avoir su depuis le début, je ne l’ai pas fait. Et c’est pour ça que je foirais lamentablement.

  • Première erreur : avoir trop planifié mes histoires.
Je sais que je l’ai dit et je continue de le croire : oui, avoir des plans détaillés est une bonne idée. C’en est une que si vous êtes dans l’urgence. Quand vous devez produire un maximum en un minimum de temps. Selon vos objectifs du NaNo, il est probable que vous ayez besoin de ça. Dans mon cas, je n’avais absolument pas besoin de tout ça. Au contraire, ça a tué mes histoires.
Le vrai risque que vous devez connaître avec cette histoire de plans détaillés, c’est que vous allez vous enfermer et perdre toute surprise. Si cela vous convient, tant mieux. Dans mon cas encore une fois, ça a tué tout ce qui fait que j’aime créer : l’amusement.
Je ne peux pas écrire sans prendre du plaisir. Je me retrouvais à devoir faire le funambule sur un fil qui était à dix centimètres du sol, en étant moi-même attaché, et le sol couvert de matelas. Il n’y avait aucun risque, aucun challenge, aucune adrénaline. Comment être fier de parcourir ce fil avec tout ce dispositif mis en place ? Ça a nourri mon syndrome de l’imposteur. Je n’étais pas auteur, j’étais juste bon planificateur.
Je connaissais mon histoire dans les moindres détails. Je connaissais les lieux par coeur grâce à la carte que j’en avais. Alors à quoi bon y aller ?
Ce que j’ai écrit pendant les NaNos dort à présent dans mes tiroirs, en attendant. Peut-être n’en sortiront-ils jamais. Tant pis. Ils m’ont déjà tant appris.

  • La seconde erreur, et qui va de paire avec la première, c’est de vouloir faire un travail plus tôt que prévu.
Cette autre erreur donc, je l’ai apprise non pas avec le NaNo, mais avec le MOOC fait cette année. Je suis sincèrement navré de ne pas avoir tenu le journal jusqu’au bout, j’hésite même pas à mettre en privé les articles publiés. 
En faisant mes plans, en faisant mes corrections, en vérifiant que tout allait bien, je me demandais un travail de réécriture alors que je n’avais déjà pas écrit. N’est-ce pas un peu stupide ? Et ça devenait totalement insensé quand je me reprochais de ne pas être capable d’avancer.
Pour pouvoir corriger un texte, pour pouvoir en traquer les erreurs et/ou les incohérences, il faut qu’il soit au préalable écrit. Ne cherchez pas à faire quelque chose de parfait en premier lieu, ce n’est pas l’heure pour ça. Le temps viendra, plus tôt que vous ne l’imaginez, profitez de ce moment d’innocence où vous êtes dans votre bac à sable à faire des tonnes et des tonnes de forme dedans. Vous rangerez et nettoierez après.
L’innocence, je l’ai donc réapprise avec le MOOC. À prendre le fil que me donnait une idée, à tirer dessus, à voir où il m’emmenait. J’écrivais des morceaux de mon histoire ici et là, des passages qui seront ou non gardés, réécrits ou pas du tout. Pas de chapitre, pas de plan, pas d’ordre. Je suis juste où l’idée me mène et je ne m’inquiète de rien. J’écris, je m’amuse, et c’est tout.

Ceci n’est pas une erreur, mais un constat. Un constat qui explique le titre de ce post.
J’ai écouté une interview d’Amélie Nothomb il y a peu, pour la sortie de son dernier roman. J’essayerai de vous la retrouver et la lier ici. Elle parlait de comment elle voyait son écriture, qui s’affinait avec le temps. S’affiner en qualité et aussi en taille de roman. Il y avait de moins en moins de mots, de phrases. Ce n’était pas là un signe de flemmardise, de manque d’inspiration, comme j’ai pu malheureusement le lire dans les commentaires Facebook de cette interview. C’était pour elle la preuve que sa plume s’améliorait. J’espère ne pas déformer ses propos, mais de ce que j’en ai compris, c’est que moins de mots voulait dire pour elle aller à l’essentiel. Elle ne s’encombrait plus de mots pour tourner autour du pot. Elle n’écrivait que ce qui était nécessaire.
Et ça a fait tilt.
Au NaNo, comme je vous l’ai dit, l’objectif est quantitatif et non qualitatif. Ne croyez pas, 50 000 mots, on peut y arriver très facilement, sans même avoir besoin de tricher. Mais moi, je ne voyais dans cet objectif que l’intérêt de produire du mot pour faire monter le compteur. Produire plus que nécessaire. Alors peut-être que c’est mon esprit qui devient de plus en plus anti-capitaliste, mais il me devient impossible de produire des mots qui n’ont aucun intérêt pour mon histoire. À quoi bon ? Si des mots doivent être rajoutés, ils le seront. À la réécriture, à la correction. Pour le premier jet, je ne dois pas m’occuper de la taille. Ça aussi, c’est un travail qui vient plus tard, et qui n’est pas totalement le mien non plus. C’est un travail d’édition avant d’être à proprement parlé celui d’écriture.

Je ne peux pas être un bon candidat de NaNo pour cette dernière raison. Je ne sais pas produire du mot pour du mot. Si j’en écris un, ce n’est pas pour mon compteur, c’est pour mon histoire.
Pour autant, je vais continue rd’être un candidat de NaNo, à ma manière. Je compterai les mots écrits durant le mois qu’à la fin du NaNo, pour la validation du compteur. Je ne m’occuperai d’écrire que ce que l’histoire veut que je lui écrive. Au jour le jour, sans me soucier si je réalise ou non les objectifs.
Si je n’atteins pas les 50 000 mots, ce ne sera pas grave, ça voudra juste dire que pour le moment, mes histoires n’en méritaient pas plus. Il mettait impossible d’en produire plus.
Si j’atteins les 50 000, alors là, ce sera une très bonne surprise. Ça voudra dire qu’on n’a pas à s’inquiéter du compteur, des objectifs à tenir, du temps.

Les chiffres n’ont aucun intérêt si je n'écris pas d'abord mon histoire.

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