Noël n'aura pas lieu






Noël n’aura pas lieu. Enfin, peut-être. En fait, cela ne dépend que de vous. À chaque fin d’épisode, vous aurez la possibilité d’aider, ou non, le Pays de Noël.

Faites les bons choix et toute cette histoire ne sera qu’une amusante anecdote à raconter au coin du feu.

Retrouvez tous les jours, jusqu'au 24 décembre inclus, un nouvel épisode de cette histoire de Noël. #UnNeuroNoël


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10 déc. 2017



___« Dites-moi que je rêve...
___— Non, vous ne rêvez pas. Bienvenue au Pays de Noël, Hector. »
___Il y avait de quoi s’en pincer avec un décor aussi époustoubourrifant.
___Chaque maison, taillée dans le sapin, était toute de guirlandes lumineuses vêtue, soulignant ainsi chacune de ses courbes, de l’encadrement des fenêtres à la charpente. Les chemins, constamment balayés de la neige qui ne cessait jamais de tomber, étaient eux aussi bordés de lumières. Et au cas où vous n’y verriez toujours pas la nuit comme en plein jour, vous trouverez quelques lampadaires et autres arbres décorés clignotants, histoire d’être civilisés. Oui, je vous l’accorde, un panneau d’interdiction aux épileptiques ne serait pas de trop.
___Mais tout un pan du paysage cachait ses merveilles dans la nuit, de celle où aucune étoile de cet univers n’est invisible. Lorsque la lune débauchera pour laisser le soleil faire ses heures, les plaines de neige à perte de vue auront de quoi vous décrocher la mâchoire. Ici, ce n’est pas de la neige de pacotille. Tout d’abord, elle ne fond jamais, ce qui évite tous les désagréments de nuances de gris et de mollesse. Ensuite, elle est d’un blanc si pur que le blanc lui-même fait honte à son nom. Et elle étincelle comme du cristal, à croire que les flocons de neige sont taillés directement dans le diamant.
___Et encore plus loin à l’horizon, une fracture entre le ciel et la terre, avec une première hauteur faite d’immenses conifères groupés en plusieurs forêts, et une autre de montagnes enneigées, à vous coller à vous le vertige, et des complexes à l’Himalaya.
___Ces hauts sommets rappelèrent d’ailleurs à Hector celui qui lui avait poussé sur la tête en début de soirée et gagnait lentement, mais sûrement, en hauteur depuis.
___« Dites, pourrions-nous parler de cette bosse ?
___— Oh, ce n’est pas la première que je vous colle, n’en faites pas tout un gratin. (Il sentit un regard mi-choqué, mi-assassin braqué sur lui.) Oubliez ce que je viens de vous dire. Ne traînons pas, nous ne sommes pas là pour le tourisme. »
___Si le nisse ressentait actuellement un sentiment de honte, ce n’était pas par culpabilité pour le crâne d’Hector, mais pour son mauvais GPS interne. La maison de la mère Noël était effectivement difficile à manquer. Outre sa taille démesurée, se trouvaient derrière elle deux immenses bâtiments, à savoir l’usine des cadeaux et le centre du courrier ; ainsi que deux files de lutins à sa porte, celle des entrants aux bonnets enlevés et celle des sortants aux yeux humides.
___« Bien, nous avons été certes annoncés, mais plus nous serons discrets, mieux ce sera. Occupons-nous de vous.
___— Qu’est-ce que vous allez me faire encore ?
___— Tout de suite, je vous traumatise. Je ne vais pas pouvoir vous rétrécir, mais il va falloir revoir cette tenue.
___— Dites que je suis débraillé !
___— Osez me dire que vous rencontreriez la Reine dans cet accoutrement ! »
___Hector accorda la remarque à son nisse avec une moue.
___« On va vous mettre une jolie cravate et une belle veste, ça fera l’affaire. Pendant ce temps, faites quelque chose avec ces cheveux, on va croire que je vous ai branché au courant alors qu’il n’en est rien. »
___L’exécution de l’ordre se fit sans discussion, ce qui laissa à la petite créature domestique le champ libre pour raccommoder visuellement, et autant qu’il le pouvait, son humain. Heureusement pour eux qu’il ne manquait jamais de ressources.
___L’une des mains d’Hector hésita dans ses cheveux, comme si elle avait buté sur un nœud plus épais que la forêt vierge.
___« Quoi ? C’est encore votre bosse ? On mettra de la glace si elle vous fait vraiment si mal.
___— Non non, ce n’est pas ça. Je…
___— Cobblestone, crachez-moi donc votre pastille.
___— Vous ne m’avez pas dit votre nom.
___— C’est normal, je n’en ai pas.
___— Même pas un surnom ?
___— Margaret m’appelle bien Hector-nisse.
___— Hector-quoi ? (Plus étonné encore.) Margaret ?
___— Je vous la présenterai. Et sinon non, je n’ai pas de surnom. »
___Le nisse recula de quelques pas et marqua ce genre de silence qui annonce un lourd aveu.
___« Pour en avoir un, il faut que l’humain sur lequel je veille m’en donne un.
___— C’est à moi de vous baptiser ?
___— En quelque sorte. Mais vous n’y êtes absolument pas obligé. Il est de toute façon très rare pour un nisse d’avoir un nom.
___— Non non, je vais vous en donner un. (Il réfléchit.) Vous n’en avez aucun qui vous plaise ?
___— Ce n’est pas ce qui me plaît qui compte, mais l’amour que vous y mettez.
___— Oh, OK… Je vais prendre le temps pour y réfléchir alors. »
___Le nisse eut du mal à ne pas trahir sa joie dans un sourire.
___« Pas de problème, Hector. »
___Mais qu'est-ce qu'il était heureux.

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C'est peut-être un détail pour vous, mais pour Hector, ça veut dire beaucoup. De quelle grande série littéraire policière le futur nom du nisse aura-t-il comme référence ?
1. Sherlock Holmes
2. Hercule Poirot / Miss Marple
3. Autre, mais vous n'avez pas envie de vous mettre le nisse à dos

Pour voter, c'est toujours sur Strawpoll : https://strawpoll.com/r7c5cr9e


Partager cette histoire fait briller un peu plus les lumières du Pays de Noël.

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Edit super tard du 15/12 avant midi : 

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